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Visiter Londres autrement — Alain Schmidt — Éditions Revolu
Tourisme et voyages

Visiter Londres autrement

Découvrir la ville en 3 ou 4 jours loin des circuits touristiques : histoire, lieux insolites, légendes, bonnes adresses et art de vivre

Pages 171
Langue Français
ISBN 9798189526435
Parution 28/07/2026
Format broché 16,50 €
Format numérique 6,99 €

Présentation

Et si quatre jours suffisaient à découvrir Londres autrement que par ses files d'attente ? Ce guide propose un parcours construit quartier par quartier, du Parlement aux docks, des squares de Bloomsbury à la rive sud, avec un ordre de marche pensé pour éviter les allers-retours et les heures perdues. Les grands sites sont là, mais racontés par un angle que les circuits commerciaux ignorent : la nuit où le palais de Westminster a brûlé, la raison pour laquelle un pont est vert et l'autre rouge, ce que gravaient dans la pierre les prisonniers de la Tour, le musée gratuit que les Londoniens eux-mêmes ignorent. On y trouve des adresses vérifiées, des marchés, des jardins cachés dans des ruines bombardées, et de quoi comprendre pourquoi cette ville n'a jamais eu de centre. Le texte va chercher ce qui se voit encore : une enseigne peinte, une rainure creusée par une corde, une plaque que personne ne lit. Reste une question, à laquelle chaque journée répond à sa façon : comment une ville incendiée, bombardée et reconstruite sans plan d'ensemble peut-elle rester aussi lisible pour qui sait où poser les yeux ?

Sommaire

Avant-propos
Le brouillard et la couronne
Jour 1. Westminster et les parcs royaux
À l’ombre de la tour Elizabeth
Les rois dorment à l’abbaye
Des gardes rouges à Knightsbridge
Jour 2. La City et la Tour
Les corbeaux veillent sur la Tour
Sous le dôme de Wren
Les cours cachées de la City
Jour 3. Bloomsbury et le nord
Les trésors du British Museum
Des squares de Bloomsbury à King’s Cross
Camden et le fil du canal
Jour 4. Covent Garden, Soho et la rive sud
Sept cadrans et vieux passages
Soho et les lumières de la scène
De Bankside aux étals de Borough
Informations pratiques
À la table des Londoniens
Le carnet pratique
Avant de partir
Testez vos connaissances

Extrait

Il y a, sur Tower Hill, un bout de mur que personne ne regarde. Il fait une trentaine de mètres de long, il est en pierre de Kent mêlée de rangs de tuiles rouges, et il se tient dans une dépression gazonnée entre une bouche de métro et un immeuble de bureaux. Les gens le contournent en tirant leur valise. C’est le mur romain. Il a dix-huit siècles, il a délimité la ville pendant plus de mille ans, et il vous dira sur Londres plus que bien des monuments payants : ici, rien n’a jamais été démoli tout à fait, et rien n’a jamais été conservé intact non plus. On a construit par-dessus, on a percé au travers, on a recyclé les pierres. La ville est un empilement, pas un tableau. C’est le premier avertissement que je vous dois. Londres ne se lit pas comme Paris ou comme Rome, où une époque a imposé sa cohérence au reste. Ici, quatre siècles peuvent se toucher au coin d’une rue, et le résultat n’est pas harmonieux. Il est vivant, ce qui n’est pas la même chose. Une ville née d’un pont Tout commence par une question d’ingénierie. La Tamise, en aval, est un estuaire trop large et trop vaseux pour être franchi ; en amont, elle serpente à travers des marécages. Vers l’an 47 ou 50 de notre ère, les Romains repèrent un point de la rive nord où le sol est ferme, où deux collines de gravier dominent l’eau, et où le fleuve est encore assez étroit pour qu’on y jette un pont. Ils le jettent. Londinium naît de ce pont, et pas l’inverse. La ville grandit vite. Un forum, des bains, un port de bois où débarquent l’huile d’Espagne et la vaisselle de Gaule. Puis, vers 60 ou 61, tout brûle. Boudica, reine des Icènes, soulève l’est de l’île après que les Romains l’ont spoliée et humiliée, marche sur la ville et l’incendie de fond en comble. Les archéologues londoniens ont un nom pour cet épisode : la couche rouge. Une strate de cendres et d’argile cuite, épaisse parfois de plusieurs dizaines de centimètres, qu’on retrouve encore aujourd’hui sous les caves de la City chaque fois qu’un chantier creuse assez profond. Londinium est reconstruite, entourée d’un mur vers la fin du deuxième siècle, dotée d’un amphithéâtre et d’un temple, puis abandonnée. Quand les légions se retirent au début du cinquième siècle, la ville se vide. Les Saxons, méfiants de ces ruines, s’installent un peu plus à l’ouest, sur la rive, dans un port ouvert qu’ils appellent Lundenwic – d’où vient le nom actuel d’Aldwych, « le vieux port ». Ce n’est qu’au neuvième siècle, sous la pression des raids vikings, que les rois saxons ramènent la population à l’intérieur des vieilles murailles romaines. La ville rentre dans sa coquille de pierre, et elle y restera. Le Conquérant et sa tour En 1066, Guillaume le Conquérant gagne une bataille sur la côte sud, monte sur Londres, et se heurte à une évidence : la ville est riche, elle est fortifiée, et elle ne l’aime pas. Il négocie donc, lui accorde une charte confirmant ses privilèges, et fait simultanément élever à l’angle sud-est de l’enceinte une masse de pierre blanche importée de Normandie. La Tour Blanche n’est pas là pour protéger Londres. Elle est là pour la surveiller. Cette ambiguïté ne disparaîtra jamais. Londres est la capitale du royaume et elle est en même temps une puissance autonome qui négocie avec le pouvoir. C’est de cette tension que sort une particularité qui étonne toujours : la City de Londres, ce mille carré hérité du tracé romain, possède encore aujourd’hui son propre maire, sa propre police et un protocole selon lequel le souverain marque symboliquement une pause à sa limite. Deux villes dans une, séparées de quelques centaines de mètres : la City qui compte l’argent, Westminster qui fait les lois. Le Moyen Âge londonien tient dans quelques chiffres brutaux. Une peste noire qui emporte peut-être la moitié des habitants au milieu du quatorzième siècle. Un pont bordé de maisons à quatre étages, si encombré qu’il fallait une heure pour le traverser. Et une population qui, malgré tout, ne cesse de croître, parce que l’argent est là. Ce pont, justement, mérite une mention. Il fut pendant plus de six cents ans le seul franchissement de la ville, et l’on y exposait sur des piques la tête des condamnés pour trahison, à l’entrée sud, de façon que quiconque arrivait du Kent comprenne immédiatement à qui il avait affaire.
Auteur

Alain Schmidt

Alain Schmidt est un auteur passionné par le patrimoine français et les trésors cachés de nos régions. Fort d'une expertise approfondie en histoire locale et culture française, il s'est spécialisé dans la découverte et la valorisation des lieux insolites et mystérieux de France. Sa collection "Les curiosités de..." témoigne de son engagement à faire découvrir aux lecteurs les …

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