Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
La psychologie des violences conjugales — Nathalie Hardy — Éditions Revolu
Famille et développement personnel

La psychologie des violences conjugales

Décrypter les dynamiques et réparer les conséquences des violences sexuelles physiques, psychologiques, verbales et intrafamiliales

Pages 291
Langue Français
ISBN 9798308234982
Parution 01/01/2025
★★★★☆ 4,0/5 — 1 avis
Format broché 14,90 €
Format Kindle 6,99 €

Présentation

Pourquoi tant de victimes de violences conjugales peinent-elles à nommer ce qu'elles vivent, parfois pendant des années ? Derrière des portes closes, des mécanismes psychiques redoutables — manipulation, cycle de la violence, dissociation, inversion de la culpabilité — opèrent en silence et piègent ceux qui les subissent dans une confusion qui empêche toute réaction. Ce guide décrypte ces dynamiques invisibles en détaillant chaque forme de violence conjugale — psychologique, verbale, physique, sexuelle, intrafamiliale — et leurs conséquences sur le psychisme, le corps et les liens familiaux. Il expose les séquelles du trauma complexe et les raisons pour lesquelles elles persistent longtemps après la fin des violences. Il ouvre ensuite des voies concrètes de reconstruction : restauration de la sécurité intérieure, reconquête de l'identité, réhabilitation de la confiance relationnelle, mobilisation des ressources thérapeutiques et structuration d'un réseau d'aide pluridisciplinaire. Que vous soyez vous-même concerné, proche d'une victime ou professionnel du secteur médico-social et juridique, cet ouvrage vous donne les clés de lecture indispensables pour comprendre ce qui se joue véritablement dans les violences conjugales — et agir en conséquence.

Sommaire

Introduction
Décrypter les mécanismes de l’emprise
Identifier les fondements psychologiques de l’emprise
Pourquoi la violence suit-elle un cycle ?
Distinguer les profils des auteurs de violences
Cartographier les formes de violence
Repérer les violences psychologiques invisibles
Décoder les violences verbales au quotidien
Nommer les violences physiques subies
Qu’appelle-t-on violence sexuelle conjugale ?
Mesurer l’impact des violences intrafamiliales
Évaluer les séquelles psychotraumatiques
Reconnaître le trauma psychique complexe
Comment opèrent les mécanismes de dissociation ?
Identifier l’érosion de l’estime personnelle
Le trauma se transmet-il entre générations ?
Engager la reconstruction psychique
Sortir du déni protecteur
Restaurer la sécurité psychique fondamentale
Reconstruire ses repères identitaires fragilisés
Réhabiliter la confiance relationnelle altérée
Mobiliser les ressources thérapeutiques
Quelles approches thérapeutiques privilégier ?
Intégrer les techniques de stabilisation émotionnelle
Accompagner les enfants exposés aux violences
Structurer un réseau pluridisciplinaire d’aide

Extrait

Identifier les fondements psychologiques de l’emprise L’emprise ne commence jamais par un coup. Elle ne commence pas non plus par une insulte, une menace ou un geste déplacé. Elle commence par un regard posé sur vous comme personne ne l’avait fait auparavant, par une attention si minutieuse qu’elle vous donne le sentiment d’exister pleinement pour la première fois. Elle commence, en somme, par ce qui ressemble trait pour trait à de l’amour. C’est précisément cette confusion inaugurale qui rend le processus si difficile à repérer, y compris pour des personnes parfaitement lucides dans tous les autres domaines de leur existence. Ce chapitre vous propose de décortiquer les rouages psychologiques de l’emprise conjugale, non pas pour en faire un objet d’étude abstrait, mais pour vous donner les moyens concrets de reconnaître ce qui, le plus souvent, opère dans l’invisibilité la plus totale. Une stratégie relationnelle, pas une faiblesse individuelle La première chose à poser clairement est la suivante : l’emprise n’est pas la conséquence d’une fragilité de la victime, mais le résultat d’une stratégie relationnelle déployée par l’auteur de violences. Cette distinction n’est pas un détail sémantique. Elle conditionne toute la compréhension du phénomène. Tant que l’on continue à chercher dans la victime les raisons de l’emprise — sa supposée naïveté, sa dépendance affective, son manque de caractère —, on passe à côté du mécanisme fondamental : l’emprise est un processus actif, orchestré, qui exploite des ressorts psychologiques universels auxquels n’importe quel être humain est potentiellement vulnérable. L’auteur de violences ne procède pas au hasard. Dès les premières phases de la relation, il identifie — souvent de manière intuitive plutôt que calculée — les besoins affectifs, les failles narcissiques et les zones de sensibilité de son partenaire. Il s’y engouffre avec une précision remarquable, en offrant exactement ce que l’autre attendait : de la reconnaissance, de l’exclusivité, une intensité émotionnelle qui tranche avec la tiédeur des relations précédentes. Cette phase initiale, que les cliniciens désignent sous le terme de « bombardement affectif »2, constitue le socle sur lequel reposera l’ensemble de l’édifice de l’emprise. C’est parce que la victime a vécu cette phase d’idéalisation qu’elle restera accrochée à l’espoir de retrouver ce partenaire merveilleux, même lorsque les violences deviendront le quotidien. Ce qui rend cette stratégie si efficace, c’est qu’elle ne mobilise pas des ressorts pathologiques chez la victime. Elle exploite des besoins psychiques fondamentaux — le besoin d’attachement, le besoin de reconnaissance, le besoin de cohérence relationnelle — qui sont communs à l’ensemble des êtres humains. La différence entre une relation saine et une relation d’emprise ne réside pas dans la présence de ces besoins, mais dans l’usage qui en est fait par le partenaire. L’isolement progressif comme premier verrou Le premier mouvement de l’emprise, celui qui conditionne tous les suivants, est l’isolement de la victime. Cet isolement ne se présente jamais comme tel. Il prend les traits de la sollicitude, de la jalousie présentée comme preuve d’amour, du désir de passer du temps ensemble qui se transforme insidieusement en exigence d’exclusivité. Le partenaire violent ne dit pas « je t’interdis de voir tes amis » ; il dit « je suis tellement mieux quand on est tous les deux » ou « ta sœur a une mauvaise influence sur toi ». L’isolement opère simultanément sur plusieurs fronts. Les relations amicales sont progressivement dévalorisées, critiquées, rendues difficiles par des scènes de jalousie à chaque sortie ou des bouderies prolongées au retour. Les liens familiaux sont fragilisés par des conflits provoqués ou entretenus, parfois par des révélations intimes que la victime avait confiées dans l’intimité du couple et que l’auteur utilise comme levier de division. Les activités professionnelles ou personnelles sont sabotées, tantôt ouvertement — reproches sur les horaires, accusations d’incompétence —, tantôt de manière détournée — crises de couple systématiquement déclenchées la veille d’un entretien important, malaises opportuns les jours de sortie entre collègues. Le résultat de ce processus est double. D’une part, la victime se retrouve progressivement privée de ses miroirs sociaux, c’est-à-dire de ces personnes extérieures au couple qui lui renvoient une image d’elle-même indépendante de celle que construit le partenaire violent. D’autre part, l’auteur des violences devient la seule source de validation affective et d’information sur la réalité, ce qui lui confère un pouvoir considérable sur la perception que la victime a d’elle-même et de sa situation. La déstabilisation identitaire par les injonctions contradictoires Une fois l’isolement installé, l’emprise progresse par la déstabilisation systématique des repères internes de la victime.
La psychologie des violences conjugales par Nathalie Hardy - Éditions Revolu

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