Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
L'envie de ne plus avoir envie — Grégoire Delarue — Éditions Revolu
Famille et développement personnel

L'envie de ne plus avoir envie

Pages 109
Langue Français
ISBN 9798870612447
Parution 02/12/2023
★★★★☆ 4,4/5 — 5 avis
Format broché 10,99 €
Format Kindle 4,99 €

Présentation

Comment sortir du cycle destructif de la dépendance et retrouver votre liberté ? Découvrez une approche novatrice qui ne passe ni par la privation absolue ni par la résignation, mais par l'acceptation bienveillante de vos failles pour mieux vous en affranchir. Ce guide vous invite à explorer les mécanismes neurobiologiques de l'addiction, à comprendre pourquoi certains comportements autodestructeurs persistent malgré leurs conséquences néfastes, et à identifier les déclencheurs émotionnels qui alimentent le cycle de l'envie. Vous apprendrez à ne pas culpabiliser face aux rechutes, à changer votre environnement, à retrouver l'estime de vous-même et à vous fixer des objectifs adaptés. Les techniques concrètes proposées vous aideront à gérer les situations à risque, à renouer des liens sociaux sains et à exprimer vos émotions de façon constructive. En adoptant une attitude de lâcher-prise sur ce que vous ne pouvez contrôler et en agissant sur ce qui est à votre portée, vous transformerez progressivement votre relation avec vos envies jusqu'à retrouver le goût d'une vie pleinement choisie.

Extrait

Un étrange paradoxe veut que ce soit souvent lorsque nous cédons à nos penchants les plus destructeurs que nous nous sentons le plus vivant. Combien de toxicomanes, dans les limbes de leur addiction, vous diront pourtant avoir l’impression de toucher «le fond du fond» ? Ce qui les pousse encore et encore à répéter le schéma, en dépit des conséquences désastreuses, c’est précisément la sensation intense qu’ils associent à ce comportement autodestructeur. Je ne connais aucun usager de drogue ou victime de comportements compulsifs qui soit heureux. Cet apparent non-sens s’explique en réalité par la biochimie très particulière de nos récompenses. À court terme, la consommation d’alcool, de drogues mais aussi de jeux ou de nourriture hypercalorique déclenche dans notre cerveau une décharge dopaminergique phénoménale. Sensation de plaisir, d’euphorie, voire de toute-puissance : pas étonnant que nous cherchions à la revivre. Sauf qu’à moyen terme, un effet pervers se produit. Notre organisme s’habituant, il faut augmenter les doses... et se retrouve finalement prisonnier d’un cycle sans fin, à la poursuite vaine d’un plaisir chimérique. L’addiction serait alors une sorte de détournement pathologique de ce signal de récompense naturel. Une quête effrénée de plaisir menant paradoxalement à notre perte, faute d’avoir su en identifier et en gérer les mécanismes. Comprendre ces rouages, c’est la clé pour ensuite dénouer ces nœuds et reprendre le contrôle. Lorsqu’on consomme une substance psychoactive ou que l’on s’adonne à certains comportements à risque, une zone précise de notre cerveau est stimulée : l’aire tegmentale ventrale (ATV). Située tout au fond du tronc cérébral, cette région libère un neurotransmetteur essentiel qu’on appelle dopamine. La dopamine est associée dans notre esprit à la sensation de plaisir. Son afflux provoque une sensation euphorique pouvant s’apparenter à un orgasme! En temps normal, l’ATV libère de la dopamine lorsqu’on répond à un besoin essentiel : manger, boire, avoir une relation sexuelle... C’est ce qui nous pousse à répéter ces comportements vitaux. Avec les drogues et autres addictions, on court-circuite ce mécanisme pour provoquer une libération «à la demande» de dopamine. Quantité jusqu’à 10 fois supérieure au plaisir «normal»! Résultat : le cerveau enregistre ce raccourci fulgurant au plaisir et le renforce. On parle de potentialisation à long terme (PLT) : les connexions entre les neurones sollicités sont optimisées pour mémoriser cet itinéraire privilégié vers le plaisir. Problème : à force de les emprunter, le «sentier» dans notre cerveau va finir par se transformer en «autoroute» PRIORITAIRE vers la récompense... aux dépens des autres voies naturelles! Une fois le raccourci neuronal gravé, survient le deuxième effet pervers : la tolérance. Notre organisme s’habitue progressivement aux effets de la substance ou du comportement addictif. Résultat, il faut augmenter les doses ou la fréquence pour retrouver le même niveau de plaisir! C’est le début de la course effrénée et sans fin pour tenter de raviver les sensations de bien-être initiales. Pire : à force de concentrer tout son «budget plaisir» sur la récompense addictive, les autres joies du quotidien finissent par perdre de leur saveur. Un repas avec des amis, une balade dans la nature, un bon livre : autant de sources naturelles de bien-être qui pâlissent face à l’intensité de l’expérience addictive. On parle d’anhédonie : une sorte d’insensibilité au plaisir ordinaire. Dès lors, plus rien d’autre n’apporte vraiment de satisfaction. Toute notre motivation, notre énergie, se concentrent sur l’obtention de la prochaine dose. C’est ce qui explique les comportements compulsifs qu’on observe chez les personnes dépendantes : incapables de résister à leurs envies, elles sont prêtes à tout pour assouvir leur soif. Y compris au mépris des conséquences sociales ou de leur propre sécurité. La spirale addictive est enclenchée : course au plaisir intense, tolérance, compulsivité... Comment en sortir ? Tout l’enjeu sera de «rééquilibrer» notre circuit de la récompense en restaurant la valeur des plaisirs ordinaires.

Pourquoi a-t-on besoin de se détruire ? Pourquoi cet élan paradoxal qui pousse parfois un individu à adopter un comportement qui le mène à sa perte ? Quelle pulsion obscure motive le fumeur à s’intoxiquer la cigarette au poing, alors même qu’il en connait les risques mortels ? D’où vient ce besoin viscéral de l’alcoolique à porter le verre à ses lèvres, en dépit du naufrage social qui s’ensuit inéluctablement ? Ces

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