Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Comment ne pas devenir (trop vite) un vieux con — Nicolas Martin — Éditions Revolu
Humour

Comment ne pas devenir (trop vite) un vieux con

Pages 145
Langue Français
ISBN 9798877022836
Parution 21/01/2024
★★★★☆ 4,7/5 — 4 avis
Format broché 10,99 €
Format Kindle 3,99 €

Présentation

Avez-vous déjà remarqué cette petite voix grinçante qui s'invite parfois dans vos pensées, celle qui trouve que la musique d'aujourd'hui n'est que du bruit, que les jeunes ne savent plus communiquer ou que tout était mieux avant? C'est le premier symptôme du "vieux con" qui sommeille en chacun de nous. Ce livre propose une thérapie préventive, un antidote plein d'humour contre cette affliction qui guette avec l'âge. Vous découvrirez comment rester curieux face aux nouvelles technologies sans vous y noyer, comment apprécier les évolutions du langage plutôt que de les combattre, ou encore pourquoi l'art de se moquer de soi-même est si vital pour conserver un esprit jeune. À travers anecdotes et réflexions teintées d'autodérision, vous apprendrez à embrasser le changement avec légèreté, à savourer les petits plaisirs du moment présent et à construire des ponts entre les générations. Un guide malicieux pour vieillir avec grâce, sans jamais perdre votre sens de l'humour.

Extrait

«C’était mieux avant»... vraiment ? Vous connaissez cette petite voix, celle qui vous chuchote que c’était mieux avant. Que la musique était plus belle, les gens plus polis, la vie plus simple. Moi aussi, je l’entends parfois. Mais soyons sérieux deux minutes (et pas plus) : cette nostalgie, c’est souvent du pipeau. Le passé n’était pas nécessairement meilleur, notre mémoire est juste une magicienne un peu malhonnête qui enjolive les souvenirs. On appelle ça le biais de mémoire : ce truc qui nous fait retenir le meilleur et oublier les galères. Ça nous donne l’illusion d’un âge d’or... mais entre nous, c’était plutôt un âge un peu cabossé par endroits. François Cavanna disait avec humour : « Quand j’étais jeune, la vie était moins chère, mais tout était aussi moins bon marché ». Vous voyez l’idée. Bon, moi, j’ai envie de lui répondre : «Quand j’étais plus jeune, on arrachait les dents avec une ficelle et on mourrait beaucoup plus facilement du cancer. Et tac !». On aime garder les bons côtés et mettre les mauvais sous le tapis. C’est comme si notre mémoire était un vieux réalisateur sentimental qui ne se souvenait que des scènes ensoleillées. Et à force de croire à ce scénario en Technicolor, on finit par se persuader que tout était vraiment mieux avant. Un peu comme si on avait saupoudré nos souvenirs de sucre glace, en oubliant qu’il y avait quand même pas mal de grumeaux. Des chercheurs se sont penchés sur ce phénomène, et il s’avère que les souvenirs de notre adolescence et de notre jeune âge adulte sont souvent teintés d’une douce nostalgie qui embellit tout. Pourquoi ? Parce que ce sont des périodes où les émotions sont fortes, où l’on vit tout avec intensité. Et qui dit émotion dit souvent souvenirs embellis. C’est un peu comme si notre cerveau appliquait un filtre Instagram à nos souvenirs, ajoutant un peu plus de lumière et effaçant les ombres. #NoFilter ? Disons plutôt #MegaFilter. Mais il ne faut pas se laisser embobiner. Le passé n’est pas une carte postale vintage où tout était parfait, non, c’était aussi une époque pleine de ses propres tracas. La réalité, c’est qu’on enjolive beaucoup les choses. On ne se souvient pas des heures passées à essayer de réparer la télé qui ne captait rien, des toilettes glaciales en hiver, des réunions de famille interminables où on devait écouter le tonton radoter sur ses exploits. Avouez, ça vous revient, non ? C’est cette réalité qu’on oublie volontiers. Le biais de mémoire fait qu’on se retrouve à filtrer ces moments et à ne garder que les fous rires et les bonheurs éphémères, mais derrière le vernis, il y avait aussi tout le reste. Avec le temps, on finit par percevoir notre passé sous un jour plus favorable qu’il ne l’était vraiment. Pourquoi ? Parce que, soyons honnêtes, qui a envie de se souvenir des moments galères ? Notre cerveau préfère les moments joyeux, ceux qui brillent et qui font sourire. Mais ce joli filtre peut parfois nous tromper, nous faire croire que le présent ne sera jamais à la hauteur. Et voilà, on plonge la tête la première dans le fameux « c’était mieux avant ». Et c’est tellement tentant, cette impression de réconfort, d’une époque où tout était plus simple. Mais est-ce que c’était réellement plus simple, ou est-ce juste notre mémoire qui simplifie pour nous ? Pourtant, il faut savoir résister à cette tentation de se bercer d’illusions. En reconnaissant que notre cerveau nous joue des tours, on peut commencer à voir les choses de façon plus équilibrée. Pas besoin de nier les bons moments, mais se souvenir que chaque époque avait son lot de joies, de galères, et de moments «bof». Le passé n’était pas parfait, il était juste... différent. Ce qu’on perçoit comme étant plus simple ou meilleur, c’était souvent une version simplifiée (ou biaisée) d’une réalité bien plus nuancée. On se souvient des étés sans fin, mais pas des moustiques qui venaient nous pourrir nos soirées au bord de l’eau, n’est-ce pas ? Je vous propose un petit exercice (promis, ça ne fait pas mal) : la prochaine fois que la petite voix nostalgique vous souffle que tout était mieux avant, prenez une minute pour vous souvenir des aspects un peu moins glamour de cette époque. Allez, ne soyez pas timides. Pensez aux télés géantes qui prenaient la moitié du salon, aux rendez-vous manqués faute de téléphone portable, aux fringues improbables qu’on portait avec un enthousiasme incompréhensible...

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