Éditions Revolu — Maison d'édition indépendante
Agir face aux troubles du comportement alimentaire de l'enfant — Nathalie Hardy — Éditions Revolu
Famille et développement personnel

Agir face aux troubles du comportement alimentaire de l'enfant

Anorexie, hyperphagie, ARFID, oralité : repérer les signaux, comprendre les causes et l'accompagner au quotidien

Pages 311
Langue Français
ISBN 9798193180845
Parution 17/08/2026
Format broché 19,50 €
Format numérique 8,99 €

Présentation

Est-ce une phase, ou est-ce que quelque chose a commencé ? C'est la question que se pose un parent devant une assiette qui ne bouge pas, et personne ne peut y répondre sur le moment. Les troubles du comportement alimentaire de l'enfant ne se limitent pas à l'anorexie de l'adolescente : ils prennent des formes que l'entourage ne reconnaît pas — la sélectivité qui s'installe, l'ARFID, les crises dissimulées, l'hyperphagie, les difficultés d'oralité du tout-petit, les préoccupations corporelles qui apparaissent dès l'école élémentaire. Ce livre les décrit un à un, du refus banal aux situations qui demandent un avis rapide. Il explore ce qui se joue derrière l'assiette : pourquoi l'alimentation devient le langage de ceux qui n'ont pas encore les mots, ce qu'une famille transmet sans le vouloir, ce qui se passe à la cantine et sur les écrans. Il montre comment reconnaître les signaux d'alerte, ce qu'il vaut mieux ne pas dire, comment ouvrir la conversation, à qui s'adresser et ce qu'on peut attendre d'un accompagnement. Un ouvrage d'information destiné aux parents, qui ne remplace pas l'avis d'un médecin mais aide à arriver en consultation avec les mots justes.

Sommaire

Avant-propos
Ce que manger veut dire pour un enfant
Comment se construit le rapport à la nourriture, de la naissance à l’adolescence
Néophobie, refus, appétit en dents de scie : ce qui est normal et qu’on prend pour un trouble
Le repas, scène familiale : ce qui s’y joue vraiment
Manger pour dire : quand l’alimentation devient la seule arme d’expression
Le panorama des troubles
Anorexie mentale de l’enfant et du préadolescent
Boulimie et hyperphagie : les crises et ce qu’elles compensent
ARFID et troubles du tout-petit : l’enfant qui ne mange presque rien
Pica, mérycisme, orthorexie : les formes moins connues
Obésité infantile : ce qui relève du trouble et ce qui n’en relève pas
Les angles morts : les garçons, l’autisme, le TDAH, l’anxiété
Ce qui les provoque
Génétique, tempérament, cerveau : la part qui ne vient pas de vous
Ce que l’enfant ne sait pas qu’il dit : causes inconscientes, contrôle et territoire
Blessures et secrets : séparations, deuils, violences, non-dits
L’héritage familial : régimes, balance, remarques sur le corps, effet miroir de la fratrie
Le dehors : école, cantine, harcèlement, réseaux sociaux, milieux sportifs
Repérer
Les signaux d’alerte, à table et ailleurs, et ce que l’enfant dissimule
Courbes de croissance et moment où il faut consulter sans attendre
Agir
Ouvrir le sujet : la conversation qu’on redoute
Ce qu’il ne faut surtout ni dire ni faire
Réparer le climat des repas
Tenir face au refus, aux crises et au chantage
Aider l’enfant à nommer ce qu’il ressent
Restaurer l’image du corps et l’estime de soi
Le couple parental et la fratrie face au trouble
Se faire accompagner
Le parcours de soins : qui fait quoi, et ce qui se passe en consultation
Approches thérapeutiques et hospitalisation : ce qu’on peut en attendre
Faire équipe avec l’école et obtenir des aménagements
Tenir dans la durée
Rechutes, temps long de la guérison, culpabilité des parents
Prévenir dès le plus jeune âge et accompagner l’entrée dans l’adolescence

Extrait

Le jour où votre enfant repousse son assiette n’est pas le début de l’histoire. Elle a commencé bien avant, à la première tétée, quand il a hurlé sans savoir pourquoi et que quelqu’un est venu. Elle s’est poursuivie à chaque cuillère de purée refusée puis acceptée, à chaque anniversaire où il a mangé du gâteau parce que les autres en mangeaient, à chaque remarque entendue sur le corps d’une cousine. Un rapport à la nourriture ne s’installe pas en un repas : il se construit par couches, sur une quinzaine d’années, et chacune de ces couches laisse quelque chose. Savoir ce qui se joue à chaque étape ne permet pas de revenir en arrière, mais cela permet de comprendre pourquoi certains enfants arrivent à l’adolescence avec un terrain fragile, et pourquoi un même événement ne produit pas le même effet chez deux enfants du même âge. Manger avant de parler Un nouveau-né ne sait pas qu’il a faim. Il éprouve un inconfort massif, diffus, qu’il ne peut ni localiser ni nommer, et il crie. Quelqu’un arrive, le prend, le nourrit, et l’inconfort disparaît. Ce cycle se répète des milliers de fois au cours de la première année, et il installe une équation qui va bien au-delà de l’alimentation : quand ça ne va pas, un adulte vient et ça s’arrange. C’est sur cette répétition que se construit ce que les travaux sur l’attachement décrivent comme un sentiment de sécurité de base2. Nourrir un bébé, c’est le premier soin, et c’est aussi la première conversation. Cette conversation a une grammaire. L’enfant émet un signal, l’adulte l’interprète et répond, l’enfant apprend que son signal a été entendu. Quand la réponse arrive de manière suffisamment régulière, il en tire une conclusion durable : ses sensations internes sont fiables, et elles sont prises au sérieux. Quand la réponse est très décalée, très imprévisible, ou systématiquement décidée par l’horloge plutôt que par lui, il apprend l’inverse — que ce qu’il ressent compte moins que ce qui est prévu. Cet apprentissage ne détermine pas l’apparition d’un trouble, mais il joue plus tard sur la capacité de l’enfant à reconnaître sa faim et sa satiété, et à s’y fier. Un enfant qui a appris que ses sensations sont écoutées les écoute lui-même plus facilement. La question du sein ou du biberon compte beaucoup moins ici que la manière dont le repas se passe. Un biberon donné dans le calme, avec un adulte disponible, construit autant de sécurité qu’un allaitement. À l’inverse, une tétée tendue, interrompue, chronométrée, vécue comme une performance à réussir, laisse un souvenir corporel de crispation. Ce qui s’inscrit, c’est l’atmosphère. Certains démarrages sont plus difficiles, et il faut le dire clairement parce que beaucoup de parents portent cette période comme une faute. Un reflux douloureux, une allergie aux protéines de lait de vache, une prématurité, une hospitalisation prolongée, une période de nutrition par sonde : dans toutes ces situations, la bouche et l’estomac ont été associés à de l’inconfort, à des gestes médicaux, à de la contrainte. L’enfant peut en garder une méfiance durable envers ce qui entre par la bouche, sans qu’aucun adulte n’y soit pour quoi que ce soit. Ces difficultés précoces se rattrapent, souvent avec un accompagnement, mais elles expliquent des refus qui paraissent inexplicables deux ans plus tard. Le saviez-vous Le goût ne se découvre pas entièrement à la naissance : il arrive déjà orienté. Les nouveau-nés manifestent une attirance immédiate pour le sucré, présent dans le lait maternel, et une grimace de rejet devant l’amer. Cette asymétrie a une utilité : dans la nature, le sucré signale une source d’énergie disponible, l’amer signale fréquemment une substance toxique. Un tout-petit qui recrache les épinards ou le brocoli n’exprime donc pas une opinion sur votre cuisine, il applique un réflexe de protection qui a plusieurs centaines de milliers d’années. Ce réflexe s’atténue avec l’exposition répétée, sans contrainte et sans commentaire. C’est la raison pour laquelle un aliment refusé dix fois peut être accepté à la quinzième présentation, à condition que les quatorze précédentes n’aient pas été des affrontements. Cette base sensorielle explique une partie des refus de la petite enfance. Elle n’explique pas tout, car dès la diversification, un deuxième mouvement se met en place : l’enfant ne se contente plus de goûter, il explore. La diversification comme apprentissage du monde Entre quatre et six mois, l’alimentation change de nature. Le lait cède progressivement la place à des textures, des températures, des odeurs, des couleurs.

Ce que vous trouverez dans ce livre

  • Panorama des troubles — anorexie, ARFID, boulimie, pica
  • Signaux d'alerte à table et hors des repas
  • Lecture des courbes de croissance — quand consulter
  • Causes génétiques, familiales et environnementales
  • Scripts pour ouvrir la conversation avec l'enfant
  • Réparation du climat des repas — cinq leviers concrets
  • Parcours de soins et rôle de chaque professionnel
  • Gestion des rechutes et temps long de la guérison

Pour qui est ce livre

  • Parents d'enfants présentant un trouble du comportement alimentaire
  • Pédiatres et médecins généralistes en suivi d'enfants
  • Psychologues cliniciens exerçant auprès de mineurs
  • Infirmiers et médecins scolaires
  • Éducateurs et professionnels de la protection de l'enfance
  • Étudiants en psychologie, pédiatrie ou diététique pédiatrique

Questions fréquentes

Comment savoir si mon enfant a un trouble du comportement alimentaire ou passe juste par une phase

Le critère central n'est pas la quantité mangée mais le faisceau de signes : plusieurs éléments apparus dans la même période, persistants, qui débordent la table pour toucher le sommeil, l'humeur, les relations. Une phase se résout seule en quelques semaines ; un trouble s'étend et s'installe. La durée, l'extension hors des repas et la souffrance de l'enfant sont les trois repères à observer.

Mon enfant refuse de manger autre chose que cinq aliments depuis des années, est-ce de l'ARFID

L'ARFID se distingue de la néophobie ordinaire par trois critères : le répertoire alimentaire ne s'élargit pas avec le temps, il reste stable ou se réduit, et la situation organise le quotidien — impossibilité d'aller à la cantine, refus d'invitations, deux menus préparés à la maison. L'absence de préoccupation pour le poids le distingue nettement de l'anorexie. Une consultation pédiatrique permet de poser l'évaluation.

Que dire à un enfant qu'on soupçonne d'avoir un trouble alimentaire sans aggraver les choses

La conversation est à tenir hors des repas, jamais face à face, idéalement en voiture ou lors d'une activité côte à côte. On décrit ce qu'on observe et ce qu'on ressent, sans poser de diagnostic ni formuler de conclusion. L'objectif n'est pas d'obtenir un aveu mais d'ouvrir une porte. Une première réaction de déni ou de colère ne signifie pas que l'échange a échoué.

Les troubles alimentaires touchent-ils les garçons autant que les filles

Les garçons sont touchés, mais les troubles s'y expriment différemment : la préoccupation porte sur la musculature plutôt que sur la minceur, l'alimentation est contrôlée dans sa composition plus que dans sa quantité, et l'activité physique excessive passe pour de la rigueur sportive. L'absence d'équivalent visible à l'arrêt des règles retarde le repérage. Les troubles alimentaires masculins sont sous-diagnostiqués, pas inexistants.

Quelle est la différence entre une crise de boulimie et de la gourmandise

La honte est le signe distinctif le plus fiable. Un enfant gourmand mange devant les autres, avec plaisir, et s'arrête quand on lui dit d'arrêter. Un enfant en crise mange seul, vite, sans plaisir réel, souvent en cachette, et ne peut pas s'arrêter. Il dissimule ensuite les traces. La quantité est un critère moins pertinent que la perte de contrôle et la dissimulation qui suit.

Peut-on prévenir les troubles alimentaires chez l'enfant

Aucune garantie n'existe, mais plusieurs conditions réduisent le risque : laisser l'enfant réguler lui-même sa quantité dès le plus jeune âge, éviter tout vocabulaire moral autour des aliments, ne commenter aucun corps, maintenir des repas réguliers sans écran où l'on parle d'autre chose que de nourriture, et construire une estime de soi qui ne repose ni sur l'apparence ni sur les résultats.

À quel moment faut-il consulter en urgence pour un trouble alimentaire chez l'enfant

Une inflexion nette sur la courbe de poids — stagnation alors que la taille progresse, ou chute de couloir — justifie une consultation sans délai. Les signaux physiques urgents incluent les malaises, la fatigue intense, les troubles du rythme cardiaque. Hors danger immédiat, un faisceau de signes persistant depuis plus de deux semaines mérite une évaluation médicale. Mieux vaut consulter trop tôt qu'attendre.

Comment gérer le repas quand un enfant refuse de manger sans aggraver la situation

La règle principale est d'éviter tout ce qui augmente la valeur symbolique de l'aliment ou installe un rapport de force : chantage, comparaison, culpabilisation, forçage. Servir au centre de la table plutôt que dans les assiettes, s'asseoir et manger la même chose, avancer l'heure du repas si les soirées sont tendues : ces ajustements du cadre produisent plus d'effet que toute discussion sur l'assiette.

Aller plus loin

Ce livre s'inscrit dans une réflexion plus large sur le développement émotionnel de l'enfant et les dynamiques familiales qui l'influencent. Pour mieux comprendre comment les émotions non exprimées agissent sur le comportement, HPE - Haut Potentiel Emotionnel apporte un éclairage complémentaire sur les mécanismes cérébraux en jeu, utile pour saisir pourquoi certains enfants peinent à nommer ce qu'ils ressentent.

Les troubles alimentaires s'enracinent souvent dans des histoires familiales complexes. Les traumatismes de l'enfance permet d'explorer comment les blessures précoces, les deuils ou les violences laissent des traces durables sur le rapport au corps et à la nourriture — un sujet abordé directement dans les chapitres consacrés aux causes des troubles.

Plusieurs troubles décrits dans cet ouvrage, notamment l'ARFID, apparaissent fréquemment en comorbidité avec des profils neuroatypiques. Communiquer efficacement avec un proche TDAH offre des stratégies relationnelles directement transposables aux familles concernées par cette association.

Quand un trouble alimentaire survient dans le contexte d'une séparation parentale, la coordination entre les deux foyers devient un enjeu central. Comment protéger les enfants pendant un divorce traite précisément de la continuité des soins et des repères dans ce type de configuration, en prolongement du chapitre consacré à la coparentalité face au trouble.

Enfin, pour les parents souhaitant travailler sur leur propre rapport émotionnel à la situation, 130 exercices d'art-thérapie propose des outils d'expression non verbale qui peuvent également être adaptés à un travail avec l'enfant, en complément du suivi thérapeutique.

Auteur

Nathalie Hardy

Nathalie Hardy est une auteure qui s'intéresse au développement personnel, à la santé naturelle et aux dynamiques familiales. Ses ouvrages abordent des sujets variés — jeûne, gestion des émotions, éducation, relations — à travers des guides pratiques traduits en plusieurs langues.

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